Abattement de 10 % : le choix automatique, simple et souvent suffisant
Par défaut, l’administration applique une déduction forfaitaire de 10 % sur les traitements et salaires. Vous n’avez rien à calculer : elle est censée couvrir vos frais professionnels courants, comme les petits déplacements, une partie des repas, les fournitures ou les dépenses habituelles liées à votre emploi. Pour beaucoup de salariés, cette simplicité est un vrai avantage.
Cette déduction a toutefois deux limites importantes. D’abord, elle ne dépend pas de vos frais réels : un salarié qui travaille à cinq minutes de chez lui et un salarié qui parcourt 110 kilomètres par jour peuvent avoir le même abattement si leur salaire est identique. Ensuite, elle est plafonnée. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, le montant maximal de la déduction forfaitaire est de 14 426 € par personne, avec un minimum de 505 € lorsque la rémunération est assez faible.
Frais réels : plus de calculs, mais parfois beaucoup plus rentable
L’option frais réels consiste à remplacer l’abattement de 10 % par le total de vos dépenses professionnelles réellement supportées. Elle peut inclure, selon votre situation, les trajets domicile-travail, les repas pris hors du domicile, certains frais de télétravail, de double résidence, de formation ou de matériel. La règle de base est stricte : la dépense doit être nécessaire à votre activité salariée, payée par vous, non remboursée par l’employeur et justifiable en cas de contrôle.
Le point clé : l’option s’applique à l’ensemble de vos salaires de l’année. Si vous cochez les frais réels, vous renoncez à l’abattement automatique de 10 %. Il ne faut donc pas additionner les deux. Votre calcul doit comparer deux colonnes : d’un côté 10 % du salaire net imposable, de l’autre vos frais professionnels documentés.
Quels frais regarder en priorité ?
Les frais kilométriques domicile-travail
C’est souvent le poste qui fait basculer la décision. Vous pouvez évaluer les frais de voiture avec le barème kilométrique publié par l’administration, qui tient compte de la puissance fiscale du véhicule et de la distance annuelle. Attention : pour le trajet domicile-travail, la distance retenue est en principe limitée aux 40 premiers kilomètres entre le domicile et le lieu de travail, soit 80 kilomètres par jour aller-retour. Une distance supérieure peut être admise si vous pouvez justifier des circonstances particulières : emploi du conjoint, logement familial, contraintes professionnelles, santé, scolarité des enfants ou absence d’emploi comparable plus proche.
Les repas pris hors du domicile
Les repas peuvent aussi compter si vos horaires ou la distance ne vous permettent pas de rentrer manger chez vous. Il ne s’agit pas de déduire tout le restaurant sans limite : l’administration retient une logique de surcoût par rapport à un repas pris à domicile. Pour les revenus 2025, la valeur forfaitaire d’un repas à domicile est de 5,45 €. Si vous payez régulièrement 12 € par repas et que votre employeur ne rembourse rien, le surcoût théorique est donc de 6,55 € par repas, à multiplier par les jours concernés.
Les remboursements employeur à neutraliser
Les frais déjà remboursés ne doivent pas être déduits une seconde fois. Si votre employeur rembourse une partie de l’abonnement de transport, verse des indemnités kilométriques ou finance des titres-restaurant, il faut intégrer ces montants correctement. C’est l’une des raisons pour lesquelles le choix des frais réels doit être documenté, pas fait au feeling au moment de valider la déclaration.
Exemple complet : quand les frais réels battent largement les 10 %
Prenons un salarié avec 42 000 € de salaire net imposable, une voiture de 5 CV, 220 jours travaillés et un trajet de 38 km par sens, soit 76 km par jour. Cette distance reste dans la limite usuelle des 40 km par trajet domicile-travail. Sur l’année, cela représente 16 720 km professionnels. Avec le barème 2026 pour les revenus 2025, la formule applicable entre 5 001 km et 20 000 km pour une voiture 5 CV est : distance × 0,357 + 1 395. Les frais kilométriques estimés sont donc 16 720 × 0,357 + 1 395 = 7 364 € environ.
Ajoutons les repas : 220 repas à 12 €, sans cantine ni remboursement. Le surcoût par repas est 12 € - 5,45 € = 6,55 €, soit 1 441 € sur l’année. Pour rester prudent, supposons que certains jours soient exclus ou remboursés et que seuls 1 185 € soient retenus. Le total des frais réels atteint alors environ 8 549 €.